Jeudi 5 mars 2009

Les dossiers secrets de Paris Match : 60 ans de scoops, 60 ans d'histoire

Europe 1 le 04/03/09 -

Paris Match fête cette année ses 60 ans. A cette occasion, deux de ses plus grands rédacteur en chef, Patrick Mahé et Jean Durieux publient "Les dossiers secrets de Paris Match". Patrick Mahé était samedi, l'invité de Pierre-Louis Basse.


 

 

La naissance de Paris Match. Au sortir de la guerre, la télévision et la radio sont des technologies encore trop balbutiantes pour que l'on puisse y avoir accès. C'est donc par la presse qu'il faut passer pour se tenir au courant, et notamment par les magazines d'images.
L'industriel Jean Prouvost décide de tenter l'aventure. En 1949, il reprend "Match", le supplément sportif qu'il détenait avant la seconde guerre mondiale et en change la ligne éditoriale. Peu de temps plus tard, l'hebdomadaire Paris Match voit le jour.

En titrant en plein été 1950, sur la photo du drapeau français planté par Maurice Herzog dans les neiges éternelles de l'Himalaya, Paris Match fait exploser ses ventes. Depuis, le succès ne se dément plus. Il faut dire que le journal s'est entouré des plus grands photographes, parmi lesquels Daniel Filipacchi ou Jean-Marie Périer, et sait saisir les affaires croustillantes au vol.

A l'occasion de ses 60 ans de "Paris Match", Jean Durieu et Patrick Mahé, deux des plus grands rédacteurs en chef du périodique exhument les archives du journal pour en tirer un florilège impressionnant : 60 histoires, 800 feuillets d'écriture et des centaines de fichiers d'archive. Mais au-delà des belles photos qui la composent, ce livre est surtout un bel album "de famille", qui depuis Mai 68 jusqu'aux twin towers en passant par Picasso illustre les grands évènements de notre siècle.

Pour en savoir plus :

"Les dossiers secrets de Paris Match : 60 ans de scoops, 60 ans d'histoire" par Patrick Mahé & Jean Durieu (publié chez Robert Lafon)

>> Retrouvez le podcast "faites comme chez vous" avec Pierre-Louis Basse


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Mardi 3 mars 2009

Lundi 28 novembre 2005

Un rapport américain révèle que la pollution sonore des fonds marins par les sonars militaires, du transport maritime et de l'exploration pétrolière menace la survie des dauphins, des baleines et d’autres espèces sous-marines.

Le « monde du silence », l’autre nom donné à l’univers sous-marin, est bien un concept inventé par les humains. Car, pour les baleines et les dauphins, la pollution sonore des fonds marins, par les sonars militaires, du transport maritime et de l'exploration pétrolière, est bien réelle. Un rapport, publié lundi 21 novembre 2005 par le Conseil de défense des ressources naturelles (NRDC), organisation écologiste basée à New York, estime que le bruit du sonar peut induire une modification du comportement des mammifères marins sur le long terme, entraîner une perte d'audition et provoquer leur mort.

Le rapport, qui fait suite à une étude de 1999, inclut des détails d'autopsies conduites sur des baleines échouées, dont on soupçonne qu'elles ont été exposées aux sonars de la marine militaire américaine. L’examen des cadavres d'une dizaine de baleines retrouvées échouées aux Canaries en 2002 a révélé des saignements dans le cerveau et les oreilles des animaux ainsi que des lésions au niveau du foie et des reins. Les chercheurs pensent que les sonars militaires sont susceptibles d’occasionner chez les cétacés une affection similaire à la maladie de décompression connue sous le nom de « maladie des caissons » chez les plongeurs. « C'est un ensemble de symptômes qui n'ont jamais été vus auparavant chez les mammifères marins », souligne Michael Jasny, principal auteur du rapport. Selon une théorie, l’énergie sonore des sonars sèmerait la panique chez les baleines et les pousserait à remonter trop vite en surface ou à plonger trop profondément avant d'avoir pu expulser l'azote de leur organisme, les exposant ainsi à ce genre d'accident.

Aux Bahamas en 2000, une expérience de l'US Navy utilisant des sonars à moyenne fréquence – 230 dB dans la gamme de fréquences 3 000-7 000 Hz – provoqua l'échouage de dix-sept baleines, dont sept furent trouvées mortes. L'US Navy reconnut sa responsabilité dans cet échouage dans un rapport publié dans le Boston Globe, le 1er janvier 2002.

Par ailleurs, M. Jasny souligne qu'un lien a été établi entre les bruits provoqués par l'exploration pétrolière et gazière en mer et une baisse des prises de flétans, morues et d'autres poissons. Chez certaines espèces de poissons, ces bruits sous-marins provoqueraient de graves lésions à l'oreille interne.

Le NRDC a engagé des poursuites contre la marine américaine pour tenter de limiter l'usage de ce type de sonar, couramment utilisé dans la détection des sous-marins ennemis. L’ONG recommande que des restrictions sur les bruits excessifs soient observées tout au long de l'année dans les habitats océaniques les plus importants, et de manière saisonnière sur les routes de migration marine. Par exemple, les compagnies pétrolières et gazières pourraient éviter de recourir aux études sismiques au large de la côte ouest de l'Afrique en hiver, période où se reproduisent des baleines dans la zone.

Quoi qu’il en soit, le véritable impact du bruit dans l'océan reste inconnu. Les échouages ne représentent en effet qu'une petite partie des dégâts causés par les bruits excessifs sur la faune marine, souligne M. Jasny.

Sources :
 Site du Natural Resources Defense Council : www.nrdc.org
Communiqué Associated Press du 22 novembre 2005

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Dimanche 1 mars 2009

Willy Rizzo est chez lui à Monaco. Il n'y est pas né, c'est un Italien. Mais comme il a photographié les stars du spectacle, de la mode et de la jet-set pendant soixante ans, souvent pour Paris Match, le rocher princier est un site idéal pour exposer ses portraits de Rainier et Grace Kelly, Marlene Dietrich, Brigitte Bardot ou Maria Callas.

Prenons Callas. Au tout début des années 1960, Rizzo se retrouve à Milan, chez la Diva pour la photographier. Soudain, elle hurle : "On a volé mon émeraude !" Rizzo raconte : "Vu la mine du personnel, elle devait coûter cher. Je vois bien que l'on nous suspecte un peu, mon assistant et moi. On n'est pas fier... Heureusement, Callas a retrouvé sa pierre. Et nous avons pu partir. Ensuite, j'ai été autorisé à la photographier comme si j'avais un contrat à vie avec elle."

Cette anecdote anime les couloirs de Paris Match, fréquentés par un certain Hergé, qui trouve ici la trame de son album Les Bijoux de la Castafiore (1962). Le dessinateur inclut même un personnage de photographe, qui porte le nom voyou de Walter Rizzotto, reporter à Paris-Flash.

Walter pour Walter Carone, le compagnon de bourlingue de Rizzo à Match. Aston Martin, jolies filles, voyages exotiques, virées entre mâles, cigare hebdomadaire, argent abondant, etc. L'histoire est connue. Elle est révolue. "Je ne connais quasiment plus personne à Match", dit Rizzo.

Pour appuyer la légende, il s'est marié trois fois. D'abord, avec un mannequin vedette de Coco Chanel, puis, avec l'actrice italienne Elsa Martinelli. Aujourd'hui, Dominique, sa femme, veille sur lui et sur son oeuvre. Elle est splendide. Il le sait et cite Sacha Guitry : "Il faut toujours avoir de jolies femmes ; c'est plus facile de s'en séparer." Et quand on lui demande pourquoi il n'a photographié que les riches, il répond : " C'est plus pratique."

Rizzo a 80 ans. Il n'a jamais vraiment été beau garçon. Pour comprendre son sens de la séduction, il faut regarder les images. Une chose saute aux yeux. Les stars lui font confiance, elles sont détendues, il les fait rire, il en fait même ce qu'il veut. Il ajoute : " Chaque fois, il faut trouver une idée, mais il ne faut pas les trahir." Sa femme ajoute : "Willy voit le bon côté des choses et il a un tel humour."

WARREN BEATTY, ORSON WELLES

Il demande à Sagan de jouer aux billes, à Prévert de s'attabler au bar, à 10 heures du matin en short à Saint-Paul, à Christian Dior, en 1949, de s'agenouiller pour mesurer ce qui sépare la robe portée du sol. Il fait sauter haut le danseur Jean Babilée - "la danse était ma passion, j'ai pris des cours". Il a même réuni dans son studio de la rue Longchamp, sans les prévenir, et alors qu'ils étaient fâchés, Yves Saint Laurent et Pierre Cardin - ils posent joue contre joue, en 1966.

On retrouve cette confiance dans les 70 portraits réunis, depuis le général Montgomery, à Londres en 1946, jusqu'à Gabriel Garcia Marquez, en 2007. Que l'écrivain soit plus à gauche que Rizzo est un euphémisme. "J'aime les communistes qui ne le sont pas avec tout le monde", dit-il. Il a photographié Arlette Laguiller : "Elle est vraiment charmante quand elle n'est pas sur une estrade."

Il a chaque fois une histoire sur ses virées avec Warren Beatty, Orson Welles, Marlene Dietrich, Steinbeck, Monroe, Brando, Gary Cooper, Sean Penn... Et depuis vingt-cinq ans, il passe ses vacances d'été avec Jack Nicholson, à Saint-Jean-Cap-Ferrat. L'acteur a un jour prévenu Michael Douglas : "Fais gaffe, Willy est un policier. S'il peut t'attraper, il le fera. Il ne peut pas résister à une photo."

Un seul portrait est une douleur. C'est pourtant le visage du bonheur. Brigitte Bardot, à quatre pattes dans un pointu, à Saint-Tropez. "On a volé mon négatif à Paris Match, en février 2005. J'ai une petite idée, j'espère le récupérer..." Il n'en dit pas plus.

Evidemment, la presse l'adore. Car ses images sont efficaces. Rizzo est du premier numéro d'Images du monde à la Libération. Premier numéro de Point de vue, et de France Dimanche. Il fait surtout partie des six personnes qui ont concocté le premier numéro de Paris Match, en 1949, dans un appartement de la rue Pierre-Charron, sous l'autorité du patron à l'ancienne, Jean Prouvost. La couverture ? Un portrait de Churchill par Rizzo. Il quitte Match en 1959 pour devenir directeur artistique de Marie-Claire. Mais dès qu'il a une très bonne photo, elle reste pour Match... "Je les gâtais."

Rizzo prend encore des portraits. Il voudrait faire Penélope Cruz et Patrick Modiano. Il n'a pas varié d'un pouce de sa ligne rédactionnelle : "Les filles à la mode, les femmes du monde." A Monaco, il expose aussi les pièces de mobilier qu'il crée, et c'est une belle surprise. Il a dessiné une table pour le cinéaste Otto Preminger, une console pour Michèle Morgan...

La dernière surprise sera une exposition, dans un an, au Musée Niépce de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). Ses photos de guerre, lui, le roi du "people". En 1952, il a réussi à montrer qu'en Indochine la France menait "une guerre et pas une opération de police". Pour une fois, il ne s'est pas fait un ami, en la personne du général Salan, qui pilotait les combats. Ce dernier a dit : "Si je revois Rizzo en Indochine, je l'encule devant mon bataillon." Rizzo a préféré changer de terrain.


Willy Rizzo.

Grimaldi Forum, 10, avenue Princesse-Grace, 98000 Monaco. Tél. : 00-377-99-99-20-00. Tous les jours, de 12 heures à 19 heures. Jusqu'au 9 avril.

Michel Guerrin
Le Monde
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Jeudi 26 février 2009
Des acheteurs potentiels lisent le catalogue de la vente aux enchères de la collection Bergé-Saint-Laurent, lundi 23 février, au Grand Palais, à Paris.
Le Monde  AFP/PIERRE VERDY

Des acheteurs potentiels lisent le catalogue de la vente aux enchères de la collection Bergé-Saint-Laurent, lundi 23 février, au Grand Palais, à Paris.

Claude Aguttes, directeur éponyme de la maison d'enchères de Neuilly, décrypte le comportement des acheteurs de la vente Bergé-Saint Laurent. Celle-ci a atteint un montant record de 206 millions d'euros dès le premier jour d'enchères, et se poursuivra jusqu'au 25 février. L'acheteur de la toile de Henri Matisse Les Coucous, tapis bleu et rose, estimée entre 12 et 18 millions d'euros, en a déboursé 32 millions.


Qui sont les acquéreurs des œuvres de la collection Bergé-Saint Laurent ?

Aujourd'hui, le marché est complètement ouvert sur l'international. Il s'agit des dix Américains, des vingt Russes, des quinze Indiens,... des deux cents grandes fortunes de la planète qui sont toujours présentes lors de ce type de vente. Ce ne sont pas des acheteurs occasionnels, qui se permettent un coup de folie. Ces gens-là ont une fortune qui dépasse ce qu'on peut imaginer, et leur budget est totalement illimité.

Comment enchérissent-ils ?

Ils ont tous fait le déplacement au moins une fois pour voir les œuvres. Lors de la vente, la moitié au moins est sur place, ou représentée par des courtiers, l'autre est au téléphone. On cherche à se faire le plus discret possible : ceux qui achètent par téléphone sont souvent cachés dans la salle pour ne pas être filmés ou photographiés. Tous préfèrent rester anonymes : ce genre d'acquisition fait beaucoup de jaloux, entraîne des contrôles fiscaux, pose des problèmes de sécurité.

Ces acquéreurs sont-ils des amateurs d'art, cherchant à enrichir une collection privée ? Ou souhaitent-ils plutôt réaliser une plus-value ?

Une certaine sensibilité artistique est nécessaire, mais la plupart des acheteurs possèdent déjà tellement d'œuvres qu'il leur est impossible de les apprécier toutes à leur juste valeur... Certains achètent des collections entières qu'ils exposent dans des appartements ou des bateaux sur lesquels ils passent trois jours par an. Une telle fortune mène parfois à une boulimie acheteuse, qui ne correspond plus vraiment à la démarche d'un vrai amateur.

On ne peut pas vraiment parler de spéculation dans la mesure où le but n'est pas de revendre le mois prochain des œuvres achetées aujourd'hui. Tout le monde connaît la valeur d'achat de l'objet, donc le revendre plus cher n'aurait pas de sens, sur le court terme. En revanche, il est certain que si l'œuvre est revendue un jour, compte tenu de sa qualité, ce sera un événement ! Les personnes qui les achètent le font de façon instinctive. Ce sont des acheteurs judicieux : ils investissent dans des œuvres si précieuses qu'elles ne peuvent pas perdre leur valeur.

Le contexte de crise économique ne nuit-il pas au marché de l'art ?

Si on a des objets de qualité à vendre, on trouvera toujours preneur. L'inquiétude vient plutôt des vendeurs, qui pensent qu'ils devraient attendre des jours meilleurs pour écouler leurs collections. Ils ont tort : dans les périodes difficiles comme celles que nous traversons, ceux qui ont de l'argent préfèrent acheter des tableaux plutôt que des actifs financiers dont la valeur n'est pas assurée. Sur le marché de l'art, la crise est moins sensible car les valeurs sont plus sûres.

Propos recueillis par Célia Héron
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Mardi 24 février 2009

Jacques Attali

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Jacques Attali est un des fondateurs de Slate.fr. Economiste, écrivain, éditorialiste à l'Express, Président de Planet Finance. Il est l'auteur de nombreux essais et romans dont récemment La Crise et après ?


Bourse de francfort
Pour contourner la catastrophe, il faut au plus tôt réduire de façon organisée les dettes des emprunteurs et restaurer les fonds propres des préteurs

La première réforme suppose d'étaler la dette des plus pauvres, (en particulier pour ceux qui ont emprunté pour leur logement et qui sont hyperendettés) même si c'est au détriment des bonus et des dividendes des actionnaires et des dirigeants des banques.

La seconde réforme suppose d'organiser la restauration des fonds propres des banques. Cela ne peut se faire que par les contribuables, qui doivent devenir les actionnaires des banques et bénéficier des profits ultérieurs.  Pour y parvenir, le cantonnement des mauvaises dettes dans une banque de défaisance serait techniquement difficile (quel périmètre? Quel prix?) et politiquement scandaleux (pourquoi mettre les pertes à la charge des contribuables en laissant les bénéfices aux actionnaires?) Il faudra donc nationaliser les principaux systèmes bancaires, au moins provisoirement et gérer, avec la structure de passif actuel, l'extinction des bilans des banques d'investissement.

Si les Chinois et les pays du Golfe financent encore le déficit américain (mais où pourraient-ils placer leur épargne autrement?), cela devrait suffire pour permettre une  amélioration progressive de la valeur de certains actifs discrédités, la renaissance du marché du crédit et, à terme de deux ou trois ans, la relance de l'économie mondiale.

Il faut ensuite se donner un nouveau projet, alors qu'on ne fait pour l'instant que de recopier les recettes du passé.

Une fois la dette réduite, la croissance nouvelle  ne pourra être durable que si elle ne s'en remet pas  aux mêmes vieille solutions, en particulier si elle ne passe pas par la relance de grands travaux sortis des fonds de tiroir, et si on limite la dette publique au financement des investissements dans les biens publics mondiaux : l'eau, l'air, la terre et l'énergie.

L'humanité n'est forte que quand elle comprend qu'elle affronte une pénurie, et qu'elle en tire les conséquences pour y apporter une réponse. Et comme la crise de 1929 n'a pu être résolue que par la mise en place des infrastructures électriques permettant le développement de l'industrie des biens d'équipements ménagers, la crise actuelle ne sera dépassée que quand seront mises en place les infrastructures nécessaires aux exigences environnementales de demain. Tel devrait être l'objet de la prochaine réunion du G20.

Il faut enfin organiser autrement les institutions de la planète, alors qu'on ne pense encore aujourd'hui qu'à sauver celles qui existent

On ne peut avoir une globalisation du marché, sans globalisation de l'état de droit. Et rien ne prépare à cette globalisation de l'état de droit : Américains et Européens ne pensent qu'à maintenir l'ordre actuel, fait de non dit, d'institutions factices et d'immenses zones de non-droit. On ne peut pas attendre beaucoup de la prochaine réunion du G20, à Londres, lieu principal de la fraude fiscale et de la dérégulation financière. Elle s'annonce comme une réunion d'Alcooliques Anonymes dans un bar à vin.

Et pourtant, ce qui est à faire est assez simple : fusionner le G8 et le Conseil de sécurité, en y admettant les principales grandes puissances du Sud. Mettre les institutions financières internationales sous la tutelle de ce Conseil de Sécurité rénové, en charge de mettre en place une véritable réglementation planétaire, pour contrôler les hedge funds et modifier les règles de Bâle sur les capitaux des banques. Et s'en servir pour organiser la relance de la production des biens publics mondiaux.

A terme, le monde sera organisé autour d'une  nouvelle coalition de nations, partageant la charge de ces enjeux et non autour d'une seule, comme c'est le cas aujourd'hui.

A moins que, une fois de plus, un vainqueur surgisse, celui qui maitriserait seul les nouvelles technologies de l'avenir. Les technologies vertes décideront de la prochaine superpuissance. Le monde a intérêt à ce qu'elles soient également partagées.

Jacques Attali

(Photos : L'ouragan Ivan par J.Descloitres, MODIS (NASA), et Bourse de Francfort par Travel aficionado)
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