LE BLOG DES PRINCESRomain Katchadourian, France Soirle jeudi 14 mai 2009 à 04:00
Aujourd’hui la grippe porcine, mais hier la grippe aviaire, le chikungunya ou le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère). Si la quasi-totalité de la communauté internationale réussit à contenir le virus H1N1 – 900 nouveaux cas ont été confirmés aux Etats-Unis en l’espace d’un week-end –, son évolution reste néanmoins inconnue. Comment va-t-il muter ? Où va-t-il se propager ?
Comme pour les prévisions météorologiques, des chercheurs américains, français et italiens ont développé un simulateur de propagation des épidémies. Une modélisation par ordinateur qui permet de créer des « scénarios ». Marc Barthélemy, physicien statisticien au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), a participé à la création de ce programme. Selon lui, la propagation des maladies est principalement liée au transport aérien.
« Nous nous sommes inspirés de l’épidémie de Sras pour développer notre modèle et les résultats obtenus coïncident avec la réalité. »
En 2002, le Sras, parti de Hong Kong, s’était rapidement propagé à une trentaine de pays, notamment en Amérique du Nord. « La simulation montre que l’arrêt total du trafic aérien est inefficace. Une surveillance étroite des vols directs en provenance des foyers infectieux permet de limiter la propagation des maladies », ajoute-t-il.
Des mesures protectionnistes aujourd’hui appliquées et parfois de façon draconienne. Ainsi quatorze touristes mexicains ont été placés en quarantaine lundi dès leur arrivée sur le territoire chinois.
Un isolement forcé vécu la semaine dernière par des ressortissants de l’Etat d’Amérique centrale, toujours en Chine, même s’ils ne présentaient aucun signe de grippe porcine.
Des mises en quarantaine qualifiées de « discriminatoires » par le Mexique qui, selon les dernières estimations, recense 2.003 cas et 56 décès. La simulation montre également que l’évolution des épidémies dépend de leur nature, de leur mutation et de la période de l’année.
Les virus grippaux se répandant plus l’hiver que l’été. L’hémisphère Nord où la saison chaude va commencer est pour l’instant moins exposé au virus H1N1 que l’hémisphère Sud. A contrario, le Brésil et l’Argentine qui recensent 7 cas doivent faire l’objet d’une surveillance accrue et être prioritaires le jour où le vaccin antiviral sera prêt.
Le groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis a posé mardi la première pierre de sa nouvelle usine de production de vaccins contre la dengue.
Un investissement de 350 millions d’euros, 200 embauches en vue de produire 100 millions de doses. Pour sa nouvelle usine de production de vaccin contre la dengue, Sanofi-Aventis sort les
grands moyens. Actuellement en développement, le vaccin devrait voir le jour d’ici 2012.
L’usine, située à Neuville sur Saône, dans le bassin lyonnais, où le groupe pharmaceutique emploie 6.500 personnes, ouvrira ses portes un ou deux ans plus tard.
Ce n’est pas un hasard si Sanofi s’intéresse aujourd’hui à cette infection.
Seconde maladie tropicale au monde, la dengue touche chaque année 230 millions de personnes. Deux millions d’entre elles, principalement des enfants, contractent une fièvre hémorragique, forme sévère de la maladie. Loin de se stabiliser, tous les éléments sont aujourd’hui combinés pour que le virus progresse. La dengue est transportée et transmise par des moustiques, des insectes qui se sont adaptés à la vie urbaine. Or le phénomène d’urbanisation tend justement à s’intensifier.
« La population mondiale va passer de 6 à 9 milliards d’individus. Il y a aujourd’hui 50 villes de plus de 5 millions d’habitants dans le monde, l’exode rural continue et le réchauffement climatique va amener des climats tropicaux vers le Nord », explique le Dr Zerhouni, conseiller scientifique de Sanofi.
Des éléments qui exposent, selon lui, 2,5 milliards de personnes à un risque d’infection. La dengue est donc un véritable enjeu de santé publique.
Mais le développement et la fabrication de ce vaccin relèvent surtout de l’enjeu financier et Sanofi joue gros avec la construction de cette nouvelle usine.
« Si le vaccin ne voit pas le jour, nous aurons un beau monument », a ironisé Chris Viehbacher, le directeur général du groupe. L’agent antiviral a néanmoins sept chances sur dix d’aboutir. Une avancée technologique qui pourra rapporter 1 milliard d’euros par an au groupe pharmaceutique français.
Edition France Soir du jeudi 14 mai 2009 page 2
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