Dictionnaire de vie à l'usage des princes et princesses de cœur et de rang.

Fin du suspense dans la course à la direction de l'Académie de France à Rome, dite Villa Médicis, une des institutions culturelles françaises les plus prestigieuses d'Europe. Le journaliste, écrivain, cinéaste et animateur de télévision Frédéric Mitterrand, 60 ans, a été nommé, hier, par le président de la République, sur proposition du ministre de la Culture, Christine Albanel. Son nom a été retenu parmi trois prétendants, dont Sylvain Bellenger, conservateur en chef du patrimoine, et Olivier Poivre d'Arvor, président de Cultures France.
« Je suis très content. J'ai beaucoup travaillé sur ce projet jugé sur ce qu'il contenait et non sur les diverses intrigues », s'est réjoui Frédéric Mitterrand, joint par téléphone. Allusion faite à la polémique née fin mars autour d'une possible nomination à ce poste de l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Georges-Marc Benamou, et qui avait provoqué une levée de boucliers dans le monde culturel. Pour apaiser les esprits, une commission chargée de proposer des noms au gouvernement avait été mise sous la présidence d'Hugues Gall. Onze prétendants avaient été auditionnés. Et trois candidats étaient donc en finale.
Le neveu de l'ancien président François Mitterrand était donné favori. Ancien professeur d'histoire et d'économie, il s'est ensuite lancé dans une carrière d'acteur, d'écrivain, de réalisateur et d'animateur de télévision. Directeur des programmes de TV5 de 2003 à 2005, il a écrit une dizaine d'essais et de romans, dont La Mauvaise Vie (Poche, 2005).
Pourquoi convoitait-il la Villa Médicis ? « Toute ma vie j'ai essayé de transmettre le travail que font les autres, justifie-t-il. I l y a une vingtaine de pensionnaires à Rome, des lieux d'exposition, l'ouverture sur la Méditerranée, sur l'Europe, la culture italienne qu'il faut encore mieux faire connaître aux Français. J'ai porté des films italiens durant quinze ans dans mes salles de cinéma. Et puis j'arrive à un âge où on veut un peu de temps pour porter ses projets. J'ai trois ans pour cela. »
Les réactions n'ont pas tardé. Hugues Gall s'est dit « très heureux de l'élection d'un véritable artiste, un homme profondément humain pour s'occuper avec tendresse des pensionnaires et d'une grande rigueur ». En outre, « son côté médiatique lui permettra d'être un grand pédagogue pour expliquer le sens de cette Académie ». Beau joueur, le candidat malheureux, Olivier Poivre d'Arvor, a tenu à « féliciter » le lauréat dans un bref communiqué.
Enfin, Richard Peduzzi, l'actuel directeur de la Villa Médicis, « se félicite chaleureusement que Frédéric Mitterrand ait été désigné par l'Élysée pour lui succéder en septembre prochain. C'est un excellent choix, le meilleur que le président de la République pouvait faire. Frédéric Mitterrand est un homme d'intelligence et de goût, ce qui est important pour la Villa. Il saura donner toute sa dimension à l'expansion de la culture française. Je lui souhaite beaucoup de bonheur. »