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Dictionnaire de vie à l'usage des princes et princesses de cœur et de rang.

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Dur d’être chrétien en Terre sainte


Bien qu’elle soit le berceau de leur religion, les chrétiens n’ont pas la vie facile en Terre sainte. Ils y sont de moins en moins nombreux. Hier, le pape les a exhortés à « rester ».
Philippe Baverel | 13.05.2009, 07h00

«En terre sainte, il y a de la place pour tous », a lancé Benoît XVI hier après-midi au cours de son homélie pendant la messe en plein air célébrée au pied du mont des Oliviers à Jérusalem. Le message est allé droit au coeur des chrétiens, qui sont de moins en moins nombreux, à peine 180 000 aujourd’hui (soit 2 % de la population), à vivre en Israël et dans les territoires palestiniens.

Exhortant ses fidèles à ne pas partir, le pape a souligné que la « décision d’émigrer a pour conséquence un véritable appauvrissement culturel et spirituel de Jérusalem ».
Pas facile en vérité d’être chrétien dans cette ville, pourtant berceau du christianisme, où cohabitent les trois religions monothéistes (judaïsme, christianisme et islam). A Jérusalem, les chrétiens constituent aujourd’hui une très petite minorité. « Et les autres nous le font bien sentir », soupire Nadine, 16 ans, venue avec sa mère, Aïda, et sa soeur, Nalina, 7 ans, assister à la messe papale. Cette famille catholique palestinienne vit dans le quartier musulman de Jérusalem. « Le Saint-Père nous donne la force de continuer », confie Aïda, 48 ans, qui garde des enfants. « Comme dit le pape, ici, il y a de la place pour tous, mais à condition que chacun respecte l’autre », renchérit sa fille, qui porte une croix au cou. Peu après, elle sort un petit drapeau palestinien de son sac à main et raconte la scène à laquelle elle dit avoir assisté : « Vous savez pourquoi il n’y avait pas de drapeau palestinien dans la foule ? La police israélienne a arrêté l’homme qui les distribuait. »

« Ici, il n’y a pas d’avenir pour les enfants »

« Le problème des chrétiens ici, c’est qu’ils se retrouvent pris entre les musulmans d’un côté et les juifs de l’autre », constate une religieuse de 75 ans qui tient à garder l’anonymat. « Si les familles chrétiennes partent, c’est parce qu’il n’y a pas d’avenir pour leurs enfants, à qui on ne propose que des emplois peu qualifiés. »
S’il s’est surtout adressé aux chrétiens lors de la messe hier après-midi, Benoît XVI n’a pas oublié pour autant musulmans et juifs. Avec les premiers, le chef de l’Eglise catholique qui se rend aujourd’hui dans les territoires palestiniens à Bethléem a visité (en retirant ses chaussures) le dôme du Rocher. Avec les seconds, il s’est recueilli devant le mur des Lamentations, dans lequel il a glissé, comme le fit avec beaucoup d’émotion Jean-Paul II il y a neuf ans, un petit billet plié portant le texte de sa prière. Mais, à la différence de son prédécesseur, Benoît XVI, toujours très réservé dans ses gestes, n’a pas touché le mur du temple érigé il y a deux mille ans.

 

Le Parisien

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