La rentrée est cruelle pour les idoles des jeunes filles. Vingt-quatre heures après le décès de Patrick Swayze, on a appris hier matin celui de Filip Nikolic. Agé de 35 ans, l’ex-leader du boys band 2Be3 a été retrouvé sans vie à son domicile du VIIIe arrondissement, proche des Champs-Elysées. C’est son colocataire qui a découvert le corps peu après 9 heures, et son avocat et ami de longue date qui s’est chargé d’annoncer la nouvelle aux médias.
« Il était couché dans son lit, le visage paisible », nous a affirmé hier Me François Gibault, qui évoque un possible « abus de somnifères » : « Je sais qu’il en prenait parfois. »De fait, une boîte d’anxiolytiques à moitié vide a été retrouvée dans la chambre du chanteur devenu acteur. En revanche, aucune trace de drogue n’a été relevée dans son appartement. « Il ne touchait plus aux stupéfiants, précise son avocat. S’il avait repris, je l’aurais su.»
Des réactions attendries
Une autopsie a été ordonnée et une enquête ouverte pour déterminer les causes du décès, la procédure habituelle dans ce cas de figure. Pour l’heure, la thèse du suicide n’est pas écartée : si Me Gibault voyait en lui un « garçon sain et plein de projets », son colocataire l’a qualifié de « dépressif depuis plusieurs mois ».
Agé de 35 ans, l’ex-« mulet » de la « Brigade Navarro » sur TF 1, laisse derrière lui une petite Sasha, âgée de 4 ans et demi, avec qui il avait encore « passé le week-end dernier » affirme François Gibault. Et une empreinte d’une persistance étonnante dans la culture populaire des années 1990. Formé en 1996 à Longjumeau (Essonne) avec ses amis d’enfance Frank Delay et Adel Kachermi, son groupe 2Be3 n’a pourtant survécu que trois ans. Le temps de vendre, jusqu’au Japon, près de 4 millions de disques dont leur premier tube « Partir un jour » , d’avoir sa propre sitcom sur TF 1, de rentrer au musée Grévin, puis de voir refluer en France la vague des boys bands. On a oublié les chorégraphies des minets bodybuildés d’Alliage et G-Squad, mais tout le monde se souvient de 2Be3, les pionniers du genre. De quoi permettre à l’athlétique Filip Nikolic une reconversion dans la comédie, d’abord au cinéma (le film d’action « Simon Sez » avec le basketteur Dennis Rodman en 2000), puis à la télévision un an plus tard avec « Navarro » et sur les planches, où le jeune papa devait encore officier cet automne, sur la tournée de la pièce de boulevard « Drôles de parents » aux côtés de Julie Arnold.
Longtemps soutenu par TF 1, qui en marge de sa série policière, l’avait également enrôlé dans son émission de téléréalité « Je suis une célébrité, sortez-moi de là » en 2006, Filip Nikolic espérait ces derniers mois retourner à la chanson, via un album solo.
L’annonce de son décès a provoqué d’innombrables réactions, plus attendries que moqueuses, sur les réseaux sociaux du Net. Notamment chez les 25-30 ans, nombreux à voir là leur « adolescence se déchirer en morceaux ».
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