Les Britanniques ont vu grand. Lors de sa visite d'État de deux jours au Royaume-Uni, qui a débuté ce mercredi matin, Nicolas Sarkozy est l'objet des plus grands honneurs. Accompagné de son épouse Carla Bruni-Sarkozy, le président de la République a atterri à Londres mercredi à 12 h 30 (heure française). Ils ont été accueillis par le prince Charles et son épouse Camilla, avant de partir en convoi vers Windsor. Le couple présidentiel était notamment accompagné du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, de la ministre de la Justice Rachida Dati et de la secrétaire d'État aux Droits de l'Homme Rama Yade. Plusieurs centaines de curieux se sont massés derrière les barrières érigées le long du parcours dès le milieu de matinée.
Pour accueillir ses hôtes dans son château préféré, la reine Elizabeth II a déployé toute la pompe royale réservée aux invités de marque : le président français doit notamment parcourir les derniers hectomètres grimpant vers l'imposante forteresse aux côtés de la reine à bord d'un carrosse, tandis que son épouse Carla doit partager un autre carrosse avec le mari de la reine, le prince Philip.
"L'axe Paris-Berlin, c'est fondamental, mais ce n'est pas suffisant" Peu après l'arrivée du Président sur le sol anglais, la radio BBC a diffusé une interview de Nicolas Sarkozy, dont la retranscription a été diffusée par l'Élysée (
lire l'interview en français ,
écouter l'interview en anglais ). Le chef de l'État expose notamment sa "doctrine" sur les relations franco-britanniques. "J'ai toujours pensé la même chose, que le Royaume-Uni et la France devaient se faire confiance [...] J'ai toujours pensé que l'Europe avait besoin du Royaume-Uni. Je sais très bien que j'ai été souvent minoritaire en France à penser cela. Mais c'est une position constante de ma part. Je n'ai jamais réduit la politique européenne de la France à la seule amitié avec nos amis allemands. L'axe Paris-Berlin, c'est fondamental, mais ce n'est pas suffisant."
Dans cette interview, Nicolas Sarkozy appelle par ailleurs la Grande-Bretagne, en plein débat sur la ratification de traité de Lisbonne, à une participation plus nette en faveur de la construction européenne. "Moi, je dis mettez-vous à l'intérieur de l'Europe, on a besoin de vous, on a besoin de votre force, on a besoin de votre potentiel, on a besoin de votre dynamisme", plaide-t-il.
Allocution devant les chambres des Communes et des Lords à 17 heures À 17 heures, le Président aura le très rare privilège de parler devant les chambres des Communes et des Lords réunies dans le cadre solennel de la Galerie royale du Parlement de Westminster. Depuis 1939, seuls 31 dirigeants étrangers ont pu s'exprimer de la sorte devant les élus britanniques. Le discours présidentiel devrait, selon l'entourage de Nicolas Sarkozy, être l'occasion de célébrer plus d'un millénaire de rivalités et d'amitié franco-britanniques. Dans la soirée, Nicolas et Carla Sarkozy seront dans la soirée les hôtes d'un banquet d'État avant de passer la nuit au château de Windsor.
Jeudi, le chef de l'État retrouvera le Premier ministre Gordon Brown pour leur premier sommet bilatéral, d'abord à la résidence de son hôte britannique au 10 Downing Street, puis dans le cadre plus inattendu de l'Emirates Stadium, le stade d'Arsenal, le plus français des clubs de football d'outre-Manche. Les deux responsables doivent notamment aborder le dossier de l'Afghanistan, où Paris devrait envoyer un millier de soldats supplémentaires, ainsi que la réforme des institutions internationales, comme le Fonds monétaire international (FMI) ou le Conseil de sécurité de l'Onu. La transparence des marchés financiers et la question de l'Europe de la défense devraient également être évoquées. Enfin, les deux chefs d'État devraient également annoncer un plan commun destiné à construire des centrales nucléaires en Grande-Bretagne, puis à en exporter la technologie dans le monde.