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Dictionnaire de vie à l'usage des princes et princesses de cœur et de rang.

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Les films de la semaine: l'agonie des Indiens d'Amazonie et "LargoWinch"

Eliane Juca da Silva et Marco Bechis au 65e festival de Venise au Lido, le 1er septembre

©2008 Google - Données cartographiques ©2008 Tele Atlas - Conditions d'utilisation

PARIS (AFP) — La lutte des Indiens guaranis pour exister au sein de la société brésilienne dans "La terre des hommes rouges", "Le chant des mariées" une belle histoire d'amitié féminine, ou encore l'adaptation un peu décevante de la BD "Largo Winch" sortent au cinéma cette semaine.

- "La terre des hommes rouges" de Marco Bechis (Italie, 1H46, titre original: "Birdwatchers"). La lutte des Indiens guaranis pour exister au sein de la société brésilienne et le désespoir qui les mène au suicide dans les réserves où ils sont forcés de vivre sont au coeur de "La terre des hommes rouges" en compétition au dernier Festival de Venise. Au Mato Grosso du sud, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay, un groupe d'Amérindiens survit en distrayant les touristes, qui les photographient dans la forêt, visage peinturluré de rouge et arc à la main. Après le suicide de deux adolescentes, le chef Nadio décide de retourner avec quelques familles, sur la "terre des ancêtres". Leur campement, le long d'une vaste propriété terrienne, est bientôt surveillé jour et nuit. Auteur de "Garage olimpo", Bechis décrit de l'intérieur la violente dépossession subie par ces Indiens guaranis, en mettant en scène des images nées dans leur imaginaire.

- "Les plages d'Agnès" documentaire d'Agnès Varda (France, 1H50). Autoportrait humoristique de la cinéaste Agnès Varda, leçon de vie, ode au cinéma, hommage à tous ceux qui l'ont inspirée et déclaration d'amour à son compagnon, le cinéaste Jacques Demy mort du sida en 1990, "Les plages d'Agnès" est un film atypique et très réussi. Ce film était en sélection officielle hors compétition, à la dernière Mostra de Venise.

- "Le chant des mariées" de Karin Albou (France, Tunisie, 1H40) avec Lizzie Brocheré, Olympe Borval, Najib Oudghiri, Simon Abkarian, Karin Albou. A Tunis, en 1942, Nour et Myriam ont grandi ensemble, dans la maison d'un quartier modeste où juifs et musulmans vivent en harmonie. Promise à son cousin, Nour se languit car le mariage n'aura lieu que que si son fiancé Khaled trouve du travail. Lorsque l'armée allemande entre à Tunis en novembre 1942, les nazis imposent à la communauté juive une lourde amende et Tita, la mère de Myriam criblée de dettes, décide de marier sa fille à un riche médecin. Trois ans après "La petite Jérusalem", son premier film sélectionné à la Semaine internationale de la critique 2005, Karin Albou signe une belle histoire d'amitié féminine, avec deux jeunes comédiennes - dont l'une, Olympe Borval est débutante - d'une justesse remarquable et une mise en scène à l'unisson.

- "Les ailes pourpres" documentaire de Matthew Aeberhard et Leander Ward (Etats-Unis, 1H15, titre original: "The crimson wing : mystery of the flamingos"). "Les ailes pourpres" raconte l'étonnant cycle de vie des flamants sur le lac Natron dans le nord de la Tanzanie, sanctuaire hostile mais essentiel à leur reproduction. Chaque année, des centaines de milliers de ces oiseaux au long cou encore mal connus, se reproduisent sur une île de sel qui se forme au milieu de cet étrange lac peu profond, un univers austère, lunaire, où ils fabriquent leurs nids, petits monticules de sel. Les images, inutilement alourdies par des commentaires trop appuyés, sont splendides.

- "Le bon, la brute, le cinglé" de Kim Jee-Woon (Corée du Sud, 2H08, titre original: "The good, the bad, the weird"). Pendant les années 30 en Mandchourie, le Cinglé dérobe à un haut dignitaire japonais, une carte aux trésors que la Brute, tueur à gages réputé, doit récupérer. Mais le Bon veut retrouver le détenteur de la carte pour empocher la prime. Un seul des trois parviendra à ses fins, s'il parvient auparavant à terrasser l'armée japonaise, les voyous chinois, les gangsters coréens et ses deux adversaires. Ce film était en sélection hors compétition au dernier Festival de Cannes, où Kim Jee-Woon avait avait présenté "A bittersweet life".

- "Les enfants de Timpelbach" de Nicolas Bary (France, 1H32) avec Gérard Depardieu, Carole Bouquet, Armelle. Première adaptation à l'écran d'un conte fantastique pour enfants écrit en 1937 par l'écrivain américain Henry Winterfeld, "Les enfants de Timpelbach" est un conte de Noël féérique à savourer en famille. Il relate l'aventure d'enfants dun village, si turbulents que leurs parents, à bout de nerfs, décident un beau jour, après une bêtise plus grosse que les autres, de les abandonner à leur sort en guise de leçon. Version moderne de la "Guerre des boutons", revisitée avec des codes à la Tim Burton, le film met en scène deux bandes d'enfants qui s'affrontent pour prendre le pouvoir. Un film très réussi, avec des effets spéciaux ingénieux à la Jean-Pierre Jeunet, sans temps morts ni fausses notes.

- "Largo Winch" de Jérôme Salle (France, 1H48) avec Tomer Sisley, Kristin Scott Thomas, Mélanie Thierry. Le milliardaire Nerio Winch se noie dans des circonstances suspectes. A la surprise générale, le fondateur et principal actionnaire du tentaculaire groupe W, officiellement sans héritier, lègue toute sa fortune à un fils adoptif secret, Largo. Pour celui-ci, récupérer la fortune d'un père qu'il a renié ne sera pas une sinécure. Tourné à Hong Kong, Macao, à Malte et en Sicile, "Largo Winch" transpose la BD éponyme de Jean Van Hamme et Philippe Francq. Mettant en scène la toute-puissance de ténors de la finance internationale, l'intrigue est en singulier décalage avec l'actualité. Efficace dans les scènes d'action, Tomer Sisley convainc en Largo Winch, mais la mise en scène un peu tape à l'oeil de Salle, auteur d'"Anthony Zimmer" en 2005, n'est pas à la hauteur et l'ennui pointe souvent.

- "Mister lonely" d'Harmony Korine (Grande-Bretagne, 1H52) avec Diego Luna, Samantha Morton. Un sosie de Michael Jackson rencontre le clône de Marilyn Monroe, qui lui propose de l'accompagner dans un petit village d'Ecosse où se tient un gala de sosies. Michael rencontre ainsi le petit chaperon rouge, Charlin Chaplin, Abraham Lincoln, la Reine d'Angleterre, Madonna. Parfois bancal, ce film élégiaque est cependant traversé par des images puissamment poétiques. Icône du cinéma indépendant américain depuis "Gummo" en 1997, qui lui avait valu un statut de génie précoce, Harmony Korine, fait son retour à 35 ans, avec ce troisième film, après avoir mis sa carrière entre parenthèses.

- "Igor", film d'animation de Tony Leondis (Etats-Unis, 1H20). Au royaume de Malaria, règne de l'obscurité et de la pluie, les inventions maléfiques des savants fous assurent la prospérité, sous le règne autoritaire du roi Malbert. Les savants ont pour assistants les Igors, de malheureux bossus dont le destin est d'obéir. Décidé à devenir un grand savant fou, l'un d'eux mène des expériences secrètes dans le laboratoire de son maître. Son but est de rafler le prix de la grande foire des sciences du mal. Une variation sur le mythe de Frankenstein.

- "La cité de l'ombre" de Gil Kenan (Etats-Unis, 1H35, titre original: "City of ember") avec Bill Murray, Tim Robbins, Martin Landau, Alexandra Maria Lara. Depuis toujours, la cité souterraine d'Ember vit en paix, sous des millions de lumières. Mais un jour, les coupures se multiplient. Deux adolescents, Lina et son ami Doon, partent à la recherche du secret de la cité, pour empêcher la nuit de régner. L'adaptation du roman éponyme de l'Américaine Jeanne DuPrau, édité chez Gallimard jeunesse.

- "Luther" d'Eric Till (Allemagne, 2H01) avec Joseph Fiennes, Claire Cox, Peter Ustinov. Transporté par l'expérience d'une tempête durant laquelle la foudre est tombée près de lui, Martin Luther abandonne ses études de droit et rejoint un monastère augustin. Là, inspiré par sa foi et par une stricte étude de la Bible, Luther remet en question la pratique religieuse établie. Une biographie filmée du père du protestantisme.

- "Niko, le petit renne" de Michael Hegner et Kari Juusonen (Danemark, 1H21, titre original : "Niko and the way to the stars"). Niko, le petit renne, vit avec sa maman dans la paisible vallée des rennes. Il ne rêve que de connaître son papa, membre de la légendaire brigade du Père Noël.

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