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Dictionnaire de vie à l'usage des princes et princesses de cœur et de rang.

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L’économie française se dégonfle

Conjoncture. L’OCDE a abaissé ses prévisions de croissance pour l’Hexagone à 1,8 %.

Effet trou d'air garanti. L?Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), club des 30 pays les plus riches de la planète, révise drastiquement à la baisse les perspectives de la croissance française. Alors qu?elle tablait en mai sur une hausse du PIB de 2,2 % pour 2007, l?OCDE ampute ses ambitions de 0,4 % : soit un maigre 1,8 %.
Si pour l?ensemble de la zone euro le réajustement est moindre, et passe de 2,7 % à 2,6 %, la France est le pays qui enregistre la plus forte révision à la baisse des pays du G7. Et si tous les pays sont concernés par le coup de canif - l?Allemagne passerait de 2,9% à 2,6%, les Etats-Unis, de 2,1% à 1,9,% -, la croissance française souffrirait, assure Jean-Philippe Cotis, chef économiste de l?OCDE, d?une spécificité : une «offre contrainte». «L?Allemagne produit, la France consomme», résume-t-il, estimant que «l?appareil de production» made in France «coince». Il faudrait donc «desserrer la contrainte de l?offre», juge Cotis.
Dommages.   Le pire, c?est que ces estimations ne prennent pas en compte les dommages collatéraux de la crise financière liée aux «subprimes», qui a douché les marchés en août, et dont l?issue comme l?impact, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde, reste à évaluer. Le FMI reconnait que la crise des crédits immobiliers aura un impact sur la croissance, plus grave dans certains pays que d?autres ( «la balance des risques penche du côté négatif», avouait, fin août, Rodrigo Rato, le patron du Fonds). L?OCDE, elle, assure que l?histoire est loin d?être finie. La crise américaine devrait «peser plus lourdement et plus longtemps que prévu sur l?économie» , estime Cotis. On devrait vite assister à de nouvelles révisions à la baisse.
Pas question pour autant que le gouvernement français, abaisse ses prévisions de croissance, maintenues à 2,25 % (lire ci-dessous). Christine Lagarde, la première, qui, enfourchant la méthode Coué, trouve visiblement l?OCDE bien pessimiste. Et pourtant. L?honorable organisation n?est pas vraiment du genre à jouer les Cassandre. Elle rendait d?ailleurs ce matin une (très édifiante) étude portant sur quinze ans de prévisions économiques, montrant combien «le biais optimiste» avait prévalu jusque-là, notamment sur les prévisions de la zone euro. « Il faut qu?on fasse mieux, ça vaut pour tous les prévisionnistes, pas uniquement ceux de l?OCDE», allusion aux oracles qui ont tendance à regarder au travers des lunettes roses, histoire de créer un climat de confiance. «La prévision est un art difficile, hypothétique», reconnaît Cotis. Pour se garder de révisions douloureuses, certains pays, comme les Pays-Bas, ont tendance à prendre les prévisions des institutions économiques avec prudence et sous-estimer leur croissance lorsqu?ils bouclent leur budget. D?autres - la France en tête - n?ont pas ces pudeurs. Ou cette vertu?
Par CHRISTIAN LOSSON
QUOTIDIEN : jeudi 6 septembre 2007
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