Vendredi 16 mai 2008
vendredi 16 mai 2008 | Le Parisien

(AFP/PATRICK HERTZOG.)

(AFP/PATRICK HERTZOG.)


Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, n'a pas caché sa joie hier en annonçant une croissance de 2,1 %, supérieure aux prévisions. L'investissement et les exportations ont relayé la consommation. Mais l'avenir s'annonce plus morose.

C'EST UNE SACREE surprise tant les prévisions de croissance n'avaient cessé d'être revues à la baisse. Alors que la plupart des économistes tablaient sur une progression du produit intérieur brut de seulement 1,8 %, l'Insee a révélé, hier, que la croissance de l'économie française a été, en réalité, de 2,1 % en 2007.

« On s'est beaucoup moqué de moi quand j'ai dit que nous ferions au moins 2 % », s'est félicitée, hier, Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, mais ce résultat est supérieur « à la fourchette basse de nos prévisions ».

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Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, la ministre a également confirmé que la croissance avait été d'un « gros 0,6 % » au premier trimestre 2008. Epinglant au passage le pessimisme de la commission de Bruxelles à propos de la croissance en France. Comment expliquer cette bonne santé de l'économie française ?

Y a-t-il eu un effet Tepa ? Hier, l'Elysée, Matignon et Bercy vantaient les mesures du paquet fiscal (heures supplémentaires défiscalisées, crédit d'impôt sur les intérêts immobiliers...) voté en août et dont Bercy estime le gain à 0,3 % de croissance. S'ils n'excluent pas que la politique du gouvernement ait pu atténuer les effets d'une conjoncture défavorable (flambée du pétrole, euro fort...), certains experts doutent, pourtant, que ces mesures aient vraiment gonflé le pouvoir d'achat des Français. Pour l'instant du moins. « La preuve, insiste Alexander Law, chef économiste chez Xerfi, c'est que depuis le début de l'année les dépenses des ménages n'ont progressé que de 0,1 %. Quant aux investissements immobiliers, ils ont carrément stagné.

» L'investissement et l'exportation, relais de la consommation. La consommation des Français étant à l'arrêt, c'est donc des entreprises qu'est venu le salut. « Confrontées, en France comme à l'étranger, à une concurrence de plus en plus forte, elles n'ont pas d'autre choix que de réaliser des gains de productivité et de se développer », analyse Nicolas Bouzou, patron du cabinet Asterès. Outre le fait que la croissance française a largement bénéficié de la vigueur de l'économie allemande, Christine Lagarde a par ailleurs rappelé, hier, que les créations d'emplois (328 000) et de sociétés (plus de 320 000) n'ont jamais été aussi nombreuses qu'en 2007. De plus, les investissements consentis par les entreprises tricolores sont en forte hausse : après avoir déjà augmenté au dernier trimestre 2007, ils ont encore progressé de 1,2 % depuis le début de l'année. Un coup d'accélérateur auquel l'augmentation du crédit d'impôt recherche, à compter du 1er janvier, n'est sans doute pas étrangère. A Bercy, on estime que cette mesure génère « 0,05 % de croissance ».

Embellie ou redémarrage ? Reste maintenant à confirmer cette embellie. Ce qui n'est pas gagné. Même si, hier, Bercy jugeait raisonnable l'objectif de 1,8 % de croissance pour cette année, François Fillon ne confessait-il pas, récemment, que « le plus dur » était encore à venir ? La faute, notamment, à la crise financière aux Etats-Unis. « Elle n'est pas encore derrière nous, prévient Alexander Law. Il suffit de voir ce qui est arrivé au Crédit agricole cette semaine pour se rendre compte que la France est loin d'être immunisée. » En visite hier à Bruxelles, Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, reconnaissait d'ailleurs que la crise allait encore peser sur l'activité économique pendant « plusieurs trimestres ». Le resserrement des conditions de crédit notamment n'est pas de nature à encourager les chefs d'entreprise. Ces derniers risquent en effet d'y réfléchir à deux fois avant d'emprunter pour essayer de se développer. « Il y a donc une vraie incertitude sur la croissance, affirme Mathieu Kaiser, analyste chez BNP Paribas. Celle-ci devrait ralentir, peut-être même dès le deuxième trimestre. » CQFD.

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Mardi 13 mai 2008
Le Figaro: correspondant à Berlin, Pierre Bocev
10/05/2008 | Mise à jour : 00:46 |
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Helmut Ziegert, chercheur allemand, se déclare certain d'avoir localisé en Éthiopie l'endroit qui abritait, selon la Bible, les Tables de la Loi données à Moïse sur le mont Sinaï.

Un chercheur allemand, l'archéologue Helmut Ziegert, est persuadé d'avoir découvert les vestiges du palais construit il y a trois millénaires pour la reine de Saba.

Personnage mythique s'il en est. L'amie, ou alors l'épouse, à moins que ce ne soit la concubine, du roi Salomon. La femme qui selon la Bible est venue le voir à Jérusalem avec des «chameaux chargés d'aromates, d'or en grande quantité et de pierres précieuses». Qui en a eu un fils, Menelek, dont deux cent vingt-cinq générations plus tard, Haïlé Sélassié, le dernier empereur d'Éthiopie emporté en 1974 par la révolution afro-marxiste, s'est toujours réclamé.

Autant dire que les fouilles du professeur Ziegert, alerte septuagénaire à la culture encyclopédique, ne laissent pas indifférent. C'est à Aksum, en Éthiopie, qu'il s'achar­ne de­puis bientôt quinze ans à coups de pinceau et de spatule.

C'est là, selon un communiqué de l'Université de Hambourg, qu'il a «découvert le palais de la reine de Saba, datant du Xe siècle avant Jésus-Christ» . L'en­droit où «pourrait aussi avoir été gardée un temps» la non moins emblématique Ar­che d'alliance, mythe fondateur s'il en est du monothéisme judéo-chrétien. Ce serait le coffre en bois d'acacia, recouvert d'or, contenant les dix commandements tels que révélés à Moïse. L'objet de la quête d'Indiana Jones dans les Aventuriers de l'arche perdue en 1981.

Des restes de sacrifices rituels

Ce qui a été concrètement trouvé, le 10 janvier dernier, est un fossé d'un mètre de large, deux mètres de long et un mètre et demi de profondeur. «Je suis sûr qu'il s'agit du palais de la reine de Saba», assure l'archéologue qui en veut pour preuve «une série de détails, la datation, et l'orientation des murs mis au jour».

Ce premier palais, selon l'expert, a été rapidement détruit pour faire place à un autre édifice reconstruit dans une autre configuration, orientée vers l'étoile de Sirius et ce sur ordre de Menelek, le fils de la reine de Saba et de Salomon devenu adorateur de cette constellation céleste. Pour preuve, des restes de sacrifices rituels et, à en croire le chercheur hambourgeois, la «tradition orale millénaire».

Il se dit sûr que l'Arche d'alliance y «a été conservée pendant une période plutôt longue». Voire, dans une déclaration citée par l'hebdomadaire Der Spiegel, qu'«elle est toujours à Aksum», mais dans un édifice datant du IVe siècle de notre ère. Pas dans les caves du Vatican en tout cas, comme le veut une des innombrables hypothèses sur les Tables de la Loi. L'arc de triomphe de l'empereur Titus conquérant de Jérusalem, fait-il valoir, ne reproduit pas l'arche sainte parmi les trésors dérobés.

Tout le monde n'est pas convaincu pour autant. Orientaliste de renom, Ricardo Eichmann estime par exemple que «la reine de Saba est aussi réelle que le roi Arthur» . Mais au moins depuis le grand tableau kitsch The Queen of Sheba peint par l'Autrichien orientaliste Rudolf Ernst à l'orée du XXe siècle, l'estampe spectaculaire d'Edmond Dulac datant de 1911 ou depuis que Saba a pris les traits de Gina Lollobrigida en 1959 dans le péplum coloré de King Vidor avec Yul Brynner, il est permis d'en rêver. Et Helmut Ziegert nous y invite.

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Lundi 21 avril 2008

© Reuters

Le passage chaotique de la flamme olympique à Paris, Londres ou San Francisco a soulevé une vague d'indignation et de nationalisme en Chine, que les médias officiels invitent à canaliser de manière rationnelle.

Des manifestations contre l'indépendance du Tibet et contre la couverture par les médias occidentaux des récents événements dans la région autonome chinoise ont eu lieu cependant dans plusieurs villes au cours du week-end, selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle.

A Xi'an, dans la province de Shaanxi (Nord-Ouest), un millier d'étudiants, entre autres, ont déployé des banderoles devant un supermarché du groupe français Carrefour, dénonçant les manifestations hostiles à la politique chinoise qui ont émaillé le passage à Paris de la flamme olympique.

"Ils ont scandé 'Soutenez les Jeux olympiques', 'Allez la Chine' et 'Condamnez CNN' avec des haut-parleurs", écrit l'agence.

CNN a été vivement critiquée en Chine, notamment en raison de propos désobligeants à l'encontre des Chinois tenus la semaine par l'un de ses commentateurs, qui s'ajoutent à une couverture qu'ils jugent partisane, par les médias occidentaux, des récentes émeutes au Tibet.

Dimanche, les manifestations se sont étendues à des villes du nord-est telles que Harbin et Dalian, ainsi qu'à Jinan, capitale de la province de Shandong (Est), écrit Chine nouvelle. Des mobilisations similaires avaient été observées samedi, assorties d'appels au boycottage des produits français.

Signe que le pouvoir s'inquiète de cette éruption de ferveur patriotique, les médias officiels chinois ont lancé dimanche des appels au calme.

Le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste, s'interroge dans un commentaire sur les moyens de rendre le patriotisme plus puissant et fournit la réponse: "Laissons le monde voir que la Chine d'aujourd'hui se développe étape après étape et que rien ne pourra entraver ni perturber cela."

APPEL À LA GENTILLESSE

Cet éditorial, mentionné par la suite dans une émission de la télévision d'Etat, fait valoir que la population devrait se concentrer sur le renforcement du pays et gérer les problèmes avec calme.

Chine nouvelle cite par ailleurs le directeur adjoint de l'Institut des études chinoises contemporaines, Zhang Xingxing, selon qui la Chine sera inévitablement confrontée à davantage de conflits en raison de ses rapports croissants avec le reste du monde.

"La manière de les gérer affectera le développement futur du pays", prévient-il en ajoutant qu'en tant qu'hôtes des Jeux, les Chinois doivent afficher leur gentillesse afin de rallier les étrangers.

Carrefour n'a pas pour l'instant ressenti de conséquence palpable sur ses ventes des manifestations anti-françaises en Chine mais est préoccupé par la colère des Chinois, a déclaré le président du directoire du groupe français José Luis Duran dans une interview au Journal du Dimanche.

"Malgré quelques incidents localisés, nous n'avons pas senti à ce jour d'impact significatif sur le chiffre d'affaires de nos 112 hypermarchés", a indiqué José Luis Duran à l'hebdomadaire.

"Mais nous prenons la situation très au sérieux. (...) Nous ne pouvons pas prendre à la légère les réactions de certains de nos clients."

L'indignation chinoise est particulièrement vive sur internet. Un appel au don de drapeaux chinois a ainsi été lancé sur Tianya, un forum très couru, pour assurer le succès des dernières étapes de la flamme des JO de Pékin en Corée du Sud, au Japon et au Viêtnam.

"Compatriotes, faites flotter haut le drapeau rouge à cinq étoiles pour accueillir la torche", y proclame un internaute enthousiaste.

"Nous, Chinois, devons faire corps. Montrons à ces étrangers sans cervelle la portée de notre esprit!", lance un deuxième, tandis qu'un autre fustige les "clowns" favorables à l'indépendance du Tibet.

Pékin accuse le dalaï-lama d'avoir fomenté les troubles qui ont émaillé le parcours de la flamme et de nombreux expatriés chinois se sont mobilisés pour organiser des contremanifestations à son passage. Les médias chinois imputent ces troubles à une minorité et assurent que la torche a suscité l'enthousiasme d'une vaste majorité dans les pays traversés.

Version française Jean-Philippe Lefief, J
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Mercredi 16 avril 2008
Rien ne sera venu entamer leur sérénité bimillénaire. Une semaine après le passage bousculé de la flamme olympique, la petite escouade de guerriers de la fabuleuse armée de terre cuite du premier empereur de Chine a fait paisiblement son entrée, hier soir, lors de l'inauguration de l'exposition qui lui est consacrée à la Pinacothèque de Paris. Sans aucun manifestant pro-Tibet à l'horizon, les quelques policiers mobilisés pour l'occasion ont vu défiler le petit monde des archéologues, des sinologues, des galeristes et des collectionneurs venus découvrir en avant-première ces vénérables hommes d'armes. Jusqu'au 14 septembre, le musée de la place de la Madeleine présente une vingtaine de représentants des bataillons qui ont accompagné Qin Shihuangdi depuis sa mort en 210 av. J.-C. et veillent depuis sur son repos et sa splendeur éternels. À la veille de l'ouverture au public, l'ambassadeur de Chine a, lui aussi, passé en revue en toute quiétude fantassin, archer agenouillé et conducteur de char. Pendant près de trois quarts d'heure, Kong Quan a détaillé les soldats figés ainsi que cloches de bronze et animaux étranges. Il faisait part de son impression en un mot, «extraordinaire!», avant de laisser le soin à Pu Tong, ministre conseiller culturel de l'ambassade, de délivrer un message sur l'importance d'approfondir les échanges culturels «surtout en ce moment car la méconnaissance de la Chine engendre beaucoup de malentendus ». Finalement l'ambassadeur ne se sera apparemment inquiété que de la sécurité de ses concitoyens de terre cuite. Mais il était déjà prévu de rehausser les barrières de protection. LE FIGARO
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Mardi 15 avril 2008
« La flambée des matières premières accroît les risques de guerre en Afrique », a déclaré, hier, à Angers, Marc Gansonré, agriculteur au Burkina Faso, invité par la chambre d'agriculture de Maine-et-Loire. : Ouest-France
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Riz, céréales, sucre, huile, lait... À Ouagadougou, les aliments ont augmenté de 30 % à 40 %. « Intenable », dit Marc Gansonré, paysan burkinabé.

« Je suis agriculteur et élu de chambre d'agriculture. Je cultive seize hectares de semences de mil, pommes de terre, choux, oignons, tomates pour les marchés ruraux et urbains. En moyenne, les fermes s'étendent sur six hectares.

« L'agriculture emploie 85 % de la population active mais ne réalise que le tiers du produit intérieur brut, en raison de faibles rendements. C'est une agriculture familiale, plus sociale qu'économique. Elle sert à freiner l'exode rural qui prive les campagnes de bras valides et empêche les paysans de nourrir les villes.

« Des gens ne mangent pas à leur faim. La population a doublé en vingt ans : 6 millions et demi en 1986,14 millions actuellement. Une grande partie vit sous le seuil de pauvreté et n'a pas la bourse pour acheter les produits importés. Même dans les années de bonne récolte, le Burkina subit un déficit céréalier chronique : la spéculation des intermédiaires et les difficultés d'acheminement occasionnent des problèmes de répartition de la nourriture.

« Le prix des biens de première nécessité flambe. Cela peut accroître les risques de guerre. La situation devient intenable dans les villes. Le riz, l'huile, le sucre, le lait ont augmenté de 30 à 40 % en deux ans. La baguette a pris 25 à 30 %. Les gens changent d'habitudes alimentaires : ils remplacent la baguette de pain, hors de prix, par des galettes de mil.

« Nous sommes assaillis par les importations de lait du Brésil. Il nous faut protéger notre filière locale. Notre pays a besoin d'une politique agricole gouvernementale qui aide les agriculteurs à investir (semences, matériel, engrais...), à accéder aux capitaux et au foncier. Cela permettrait d'augmenter les rendements et de produire des biens vivriers à moins cher pour nos frères des villes.

« Mais notre gouvernement n'a pas les mains libres. Le programme d'ajustement structurel dicté par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international freinent le développement de notre agriculture. Nous avons pourtant les capacités d'assurer notre autosuffisance alimentaire et même à exporter nos fraises, mangues, bananes... »

Recueilli par Xavier BONNARDEL.

Ouest France

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